rendre compte des changements dans le quartier vu par les habitants

Le projet "saisir le changement" évolue !


Retrouver la vie quotidienne du quartier, ses habitants et les changements qui s'y font sur un nouveau site : saisir le changement

dimanche 27 février 2011

Aïcha Sekkoum, vivre et travailler


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Aïcha Sekkoum est née le 16 juin 1949 à Chlef, entre Oran et Alger. A dix neuf ans, avec ses deux premiers enfants, elle a rejoint son mari qui travaillait comme cheminot en France depuis l’âge de vingt cinq ans.


Monsieur Sekkoum est mort il y a un an et deux mois maintenant. Il souffrait des reins et de la tête. Aïcha Sekkoum travaillait en intérim depuis 2002. La retraite de son mari était seulement de 400€. Travailler était une nécessité. Comment faire pour payer le gaz et l’électricité quand le loyer est déjà à 300€ ! Pourtant Aïcha a du arrêter de travailler en 2006 quand l’état de son mari s’est aggravé : elle ne pouvait partir travailler et le laisser seul, rentrer le soir entre dix et onze heures et le trouver errant, ici où là dans le quartier.


ci-dessous, M.Sekkoum avec un collègue en 1994 sur la ligne 8-5
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Monsieur Sekkoum avait pris sa retraite de la Sncf dans les années soixante dix et la famille avait quitté Bouzonville pour Thionville et rapprocher les enfants des écoles. Après quatre ans dans un appartement au dessus du restaurant où travaillait sa fille, Aïcha obtient un logement à la bécasse : trois ans tranquilles.

Aïcha à son arrivée en France
Aïcha et ses filles à Bouzonville



Et puis la vie est devenue compliquée, à cause de gens violents et des conditions de vie. D’un côté ceux qui jettent les ordures par la fenêtre, de l’autre, l’ascenseur qui ne marche pas… Un jour, son mari qui était déjà malade et en dialyse, n’a pas pu monter chez lui, au douzième étage. C’est un voisin portugais qui l’a porté sur son dos jusqu’à l’appartement.

Onze ans à la bécasse. Il fallait déménager mais Mosellis n’avait rien à proposer. Donc madame Sekkoum s’est tournée vers Batigère. Paola Morelli a rempli le dossier et a fait visiter l’appartement du square Fénelon une semaine plus tard. Depuis Aïcha vit là, les voisins sont calmes, c’est bien plus tranquille.



Aïcha a repris le travail intérim au Luxembourg, elle est plongeuse. La boite intérim appelle le soir au téléphone pour lui dire où elle doit aller le lendemain. Aïcha prends le bus jusqu’à la gare si c’est le matin tôt, le train et encore le bus une fois arrivée au Luxembourg. Si c’est l’après midi elle prend le bus directement. Ses horaires varient selon la mission, quatre heures de travail, ou bien la journée, ça dépend. Quand on lui demande si elle peut rester faire des heures elle dit oui, pourquoi rester à la maison ?




Aïcha et ses fils
Aïcha et sa sœur au mariage de sa nièce



Les gens sont gentils et c’est la machine qui lave le plus gros. Après il faut vider la vaisselle et la ranger où il faut. Aïcha travaille pour des restaurants d’entreprise, des banques mais c’est dans les cantines scolaires que le contrôle est le plus sévère. Des inspecteurs viennent comme ça, et tout doit être impeccable, de la petite cuillère à la tasse. Le plus dur est de ravoir les plats à gratin avec leur trace de brûlé, il faut frotter et ensuite passer à la machine avec un mélange de savon et de vinaigre blanc : les plats ressortent tout brillants. Aïcha Sekkoum a eu trois filles et trois garçons : deux d’entre eux ne sont pas encore mariés. Elle a dix petits enfants. Aïcha n’aime pas qu’on vienne lui dire du mal de ses fils : elle leur a toujours serré la vis et à la maison, l’heure c’est l’heure ! Elle disait aux enfants « tu vas à l’école, tu sors de l’école et tu rentres directement à la maison. Que font tous ces enfants dehors ? »

Le plus jeune des garçons a vingt trois ans et vit encore avec elle : il a eu son B.T.S en juin dernier. Il a cherché une école de commerce international, il attendait la réponse de trois écoles dont une à Lyon mais les études coutent 4000€. Cette année il est à l’université à Metz.



Aïcha n’a plus de raison de rester tout le temps à la maison. Travailler lui permet de sortir de chez elle, de connaître des gens et la ville. Parler avec les gens lui remonte le moral.


le marché de Chlef il y a quinze ans

article publié sur wikithionville



jeudi 24 février 2011

Sylvie Kleiner, l'année de Cha'

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Sylvie Kleiner habite rue du renard et ce qu’elle a vu du changement à la Côte des roses c’est la façon dont son bailleur a condamné les greniers de l’immeuble : rien dans la lettre qui annonçait les travaux ne laissait penser qu’une fois l’isolation faite, les greniers ne seraient plus accessibles. Depuis, les toiles et les dessins de Sylvie s’entassent un peu partout dans son appartement. Ses toiles, Sylvie les signe Cha pour charlotte, son deuxième prénom et c’est ainsi que ses amis l’appellent. Enfant, dessiner, elle ne savait faire que ça alors que sa sœur préférait taper dans le ballon avec les copains. Derrière la boulangerie-pâtisserie familiale à Terville, le jardin donnait sur le crassier de l’usine. A la crête du crassier, les wagonnets venaient verser leur contenu rouge dans la nuit noire. Tous ces gens qui rentraient, tous ces bruits métalliques, tout donnait envie à la petite fille de visiter cette usine.


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A seize ans, grâce à une dérogation, Sylvie intègre les beaux arts avec dans son dossier d’inscription, des immortelles à la gouache qu’elle trouvait bien sages à côté des dossiers de ses camarades. La dissertation du concours d’entrée avait pour sujet faut il apprendre l’art aux enfants? Mais Sylvie a besoin de liberté. Elle avait fuit l’école de la providence pour profiter de sa dérogation, et elle avait rêvé les beaux arts comme d’une ruche où tous partageraient leur expérience : elle abandonnera l’école au bout d’un an, déçue. Après quelques tribulations en Hollande Sylvie revient chez elle : elle a pris son autonomie vis à vis de ses parents et décide de se former à la puériculture.



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En 1978 elle travaille à Bel-air, milite à la Cfdt et anime un bulletin d’information, « la Piquouse ». La direction régionale a décidé d’unifier les horaires entre Metz et Thionville. Mais à Thionville le temps de repas est intégré au temps de travail et le personnel ne veut pas perdre cet avantage. Sylvie prends sa place dans la lutte : opération escargot sur l’autoroute, défilé en ville pour manifester. En 1982 Sylvie quitte Thionville pour Paris avec sa fille Mélanie alors âgée de cinq ans pour suivre les cours de la fac de Vincennes, célèbre pour être ouverte aux salariés. Elle obtenu une bourse pour se former comme chargée de com visuelle. Sylvie se spécialise dans l’édition pour enfants. Elle ne validera pas sa maitrise et de toute façon le poste n’est pas crée à Thionville.


Sylvie décide de rester à Paris, travaille pour les crèches de la ville et rencontre Naka, un musicien africain de qui elle aura un garçon aujourd’hui âgé de vingt deux ans, Théo. Après une dizaine d’années à Paris, Sylvie laisse son appartement et part pour l’Ardèche. Mais un mois à peine après son arrivée, le projet qui l’a fait venir tombe à l’eau, la crèche n’a pas de client et Sylvie, coupée de Paris, improvise. La vie devient de plus en plus difficile. En 1996, Mélanie disparaît à l’âge de dix huit ans.


Sylvie cherche un poste dans le sud de la France. Mais son père va la ramener dans la région : à son insu il se procure son cv, et envoie une belle lettre à Martine Aubry, alors ministre de l’emploi et de la solidarité. Quand Sylvie apprend en 1999 qu’un poste l’attend à l’hôpital de Thionville, elle ne peut qu’accepter. Ainsi son fils pourra enfin se rapprocher de ses grands-parents.


Réapprendre à vivre et travailler à l’hôpital. Sylvie retrouve certaines de ses collègues d’il y a vingt ans. Elle est auxiliaire de puériculture et travaille depuis l’an dernier, douze nuits de dix heures et demi sur quatre semaines. Sylvie aime bien la nuit car on peut être plus disponible pour les enfants. On peut prendre le temps de parler tranquillement. Elle n’a pas forcément besoin de rester en permanence à leur chevet mais sa présence les rassure et quand ils sont confrontés à des crises d’angoisse, le sentiment de sa présence les rassurent et lui évite parfois de leur donner un médicament. Elle va et quand elle revient, l’enfant s’est calmé et dort.


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Aujourd’hui Sylvie a deux métiers car elle est également inscrite à la maison des artistes : elle continue à peindre[1]. Sylvie est passionnée par la culture Maori. Toute petite elle suivait déjà les aventures du captain Troy sur son navire le Tiki dans un feuilleton télévisé qui se passait à Hawaï et s’appelait « Adventures in Paradise ».



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Sylvie s’inspire des représentations stylisées des animaux qui tiennent une grande place dans l’art polynésien. La tortue représente la fidélité et la fécondité, le dauphin, la longévité et la joie, le requin, l’équilibre du lagon la justice et le respect des ancêtres.


En 2005, un ami voit ses œuvres au mur et lui reproche d’être venue au monde avec un vrai talent et de ne rien en faire. La bibliothèque municipale l’invite en 2006 à exposer dans la salle in vitro[2]. En 2007, pendant ses congés, elle part sillonner le pays avec un atelier itinérant dans un petit camion de dix m³, de fêtes maories en rassemblements polynésiens. Les dessins de Sylvie sont très prisés par les amateurs de tatouage qui se font tatouer les modèles qu’elle crée pour eux. Et en 2010, Sylvie montre ses toiles salle Poulmaire, chemin St Anne. Cette année, elle montre ses derniers travaux salle In Vitro pour la deuxième fois, du 14 au 18 juin.



en décembre dernier, Sylvie Kleiner accueillait le public à la salle In Vitro, pour l'exposition de travaux d'enfants organisée par l'association "La Pédiatrie Enchantée"[3]


prochaine action de Pédiatrie Enchantée: [4] un vide grenier à Auchan en avril [5]


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article publié sur wikithionville


mercredi 2 février 2011

Robert Nicolay, penser libre


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Robert est né en 1944, juste à la fin de la deuxième guerre mondiale. Son père infirmier à Beauregard, avait été enrôlé de force dans la Wehrmacht. Il venait de faire ses classes en Allemagne et juste avant de partir sur le front russe il avait déserté. Sa femme avait été convoquée à la Feld-gendarmerie et elle avait réussi à les convaincre qu’il était parti avec sa valise et qu’elle ne l’avait pas revu. La ville où il devait se présenter avait été bombardée et la thèse de sa disparition prenait tout son sens. En réalité, avec deux autres camarades, son père se cachait à Adelange le village de son père, parfois dans le clocher parfois ailleurs. Ils étaient nourris par le village. Au moment où les américains libéraient la région, Adelange s’est retrouvé sous les bombardements et c’est dans une cage à lapin en bas, à la cave que Robert avait trouvé refuge.

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A l’époque il y avait trois infirmiers à Beauregard et le père de Robert y avait un logement de fonction. Robert et ses deux soeurs étaient « les enfants de l’hôpital » à jouer partout au milieu des ambulances qui arrivaient : Robert se rêvait médecin. A dix ans il entre au petit séminaire de Cuvry, il a un oncle curé et on l’a peut-être choisi pour être l’ecclésiastique de la famille. Mais Robert ne supporte pas l’arrachement à la famille et pour ses parents, c’est l’école ou bien l’usine.

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Robert choisit l’usine et à quatorze ans il entre comme jeune ouvrier à Lorraine Escaut. A dix sept ans il est fondeur et il travaille parfois 56 heures par semaine. Robert ne s’habituera jamais aux trois/huit : sept jours à travailler le matin puis sept jours de l’après midi et sept jours de nuit. Maison, boulot, maison, boulot. En hiver on ne voit pas le jour : on part avant le lever du soleil on revient il fait déjà nuit. Les vieux lui disent « barre-toi de là ».


Robert rencontre Rina, sa future femme. Difficile d’obtenir un logement social quand on est pas marié : il trouve un studio chaussée d’Océanie et à vingt trois ans, Robert se marie. Son beau père travaille à Sollac et il a entendu parler d’un poste qui se libère. A vingt cinq Robert entre à Sollac pour devenir pontier, c’est un peu moins physique. Il y restera jusqu’à sa retraite. Robert va vivre le déclin de la sidérurgie, dans la région de Thionville, les aciéries passent du nombre de trois à une et les ouvriers de 1700 à 500.


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Robert milite à la Cfdt depuis qu’il a dix huit ans et il prendra part à tous les grands mouvements revendicatifs des années soixante dix. Quel boulot ! Le travail de délégué, les grèves, les manifs à organiser. Robert n’est pas souvent à la maison et quand il a du temps, il emmène les enfants du quartier randonner dans les environs. Robert prenait ses livres et leur apprenait le nom des arbres rencontrés sur le chemin. Aujourd’hui encore, certains de ces enfants se souviennent avec plaisir de ces parties de campagne à la Croix-Epich, au fort de Guentrange avec sandwich tiré du sac. Avec le temps, Robert s’éloigne un peu du militantisme, il est las des rivalités entre syndicats et il faut aussi laisser la place aux jeunes.


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La famille a déménagé à chaque naissance et habite l’impasse corneille depuis 1974. Dire que quand ils sont arrivés à la côte des roses, il n’y avait pas de chemins que tout était boueux ! On allait chercher le lait à la ferme Schweitzer, là où il y a un supermarché Norma aujourd’hui. Le travail de fondeur a laissé ses traces. Robert qui souffre d’emphysème a su très tôt qu’il avait bossé dans l’amiante : tous ceux qui ont travaillé dans le secteur chaud ont étés exposés à l’amiante. C’est le scandale du siècle passé car dès 1906 on connaissait les dangers de ce métal utilisé pour protéger de la chaleur alors que même les tables à repasser en étaient recouvertes… Le beau père de la fille de Robert, le voisin âgé seulement de soixante douze ans, ils sont tous partis à cause de l’amiante. Il y a cinq mois, Robert a passé un scanner des poumons et le médecin a trouvé des plaques pleurales.

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Robert participe encore à la Clcv, une des plus importantes associations de consommateurs en France qui s’occupe entre autre des problèmes de relogement liés à l’Anru à la Côte des roses. Il est aussi fidèle à la libre pensée et salue tous les ans le jour anniversaire de la mort de Louis XVI comme la naissance de la république laïque.





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lundi 3 janvier 2011

Kheira Zakkoum, passagère sur la terre

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Kheira Zakkoum est arrivée en France en 1963 avec son premier enfant. Son mari était soldat de l’armée française. Zakkoum en arabe, c’est le fruit amer de l’arbre qui prend racine dans la fournaise.

Kheira se souvient d’un pays sombre et d’une vie de caserne. La famille bougera souvent dans la région mais c’est à Halstroff, pas loin de Sierk les bains, qu’elle s’installera durablement vingt cinq ans et que madame Zakkoum donnera la vie à ses autres enfants.

Ils sont huit aujourd’hui vivants, quatre filles et quatre garçons, le plus âgé a quarante huit ans le plus jeune trente huit. Un enfant par an. Madame Zakkoum avait trente six ans quand elle a eu le dernier. Ses filles, qui ont eu la chance d’aller à l’école, n’ont eu chacune que deux enfants : ce qui fait six petits enfants. Les femmes d’aujourd’hui savent que ça revient cher d’élever des enfants. Il faut leur donner à manger, les habiller payer leur études et le permis.

Il y a treize ans, Monsieur Zakkoum meurt accidentellement au Konacker où vit la famille. C’est pour ne plus vivre là où il est mort que madame Zakkoum décide de se rapprocher d’une de ses filles qui habite à la côte des roses. Elle a aujourd’hui soixante treize ans et vit seule dans un F6 de la rue Racine à Thionville.


Batigère, le bailleur social est venu lui proposer de quitter cet appartement qui est maintenant trop grand pour elle. Ils veulent construire deux studios à la place du F6. Madame Zakkoum n’est pas contre car le loyer est assez élevé. C’est madame Berbache qui s’occupe de son dossier de relogement et lui a déjà proposé un logement rue Molière. Mais kheira Zakkoum n’est pas d’accord. Elle ne comprend pas pourquoi on met toutes les familles arabes dans le même immeuble.

Elle est fière d’être arabe mais elle veut éviter les problèmes qui naissent souvent autour des enfants entre les familles et préfèrerait vivre un peu à l’écart. Les enfants d’aujourd’hui sont plus difficiles à tenir, ils sont plus effrontés. Déjà les arabes sont mal vus, les jeunes ont leurs torts, la société a les siens, mais il faut mélanger les gens et ne pas les loger tous au même endroit. Kheira veut rester à la Côte car c’est là que vivent la plupart de ses filles et qu’en plus elle n’a pas de voiture. Et puis c’est elle qui paie le loyer, c’est elle qui choisit.

rue Racine




Kheira a participé au goûter de fin d'année de l'atelier linge de la côte des roses qui sera le dernier à la chaussée d'Océanie

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Madame Zakkoum n’a pas été à l’école mais cela ne l’a pas empêchée de travailler. A Bouzonville elle montait des freins dans une usine de pièces auto. Mais en 1992, à l’âge de cinquante cinq ans elle décide de suivre les cours d’alphabétisation du centre de loisir de la côte des roses pendant deux ans. Quelqu’un qui ne sait pas écrire et lire peut difficilement s’exprimer, demander. Et apprendre c’est sortir de sa cage. Elle pourra ainsi décrocher des C.E.S et des T.U.C et travailler à A.T.H.E.N.E.S le foyer d’hébergement d’urgence pour femmes. Pour Kheira Zakkoum, nous ne sommes que des passagers sur terre. Smahi, son nom de jeune fille est le souvenir qu’elle garde de son père.


républicain lorrain 18 août 2010
républicain lorrain 18 août 2010

Fichier:zkko.jpg article publié sur wikithionville

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