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mardi 5 octobre 2010

Yves Priso Ekobo et Cyriaque Nguemeleu, un rêve de gosse.









Yves Priso Ekobo et Cyriaque Nguemeleu sont arrivés en juillet à Thionville. Ils viennent tous deux de Clermont-Ferrand. Ils jouaient dans l’équipe senior du football club de Cournon d'Auvergne.

Yves à vingt et un an, Cyriaque, vingt cinq.

Yves a quitté Paris où il est né à seize ans pour une section sport étude à Clermont. Cyriaque avait dix huit ans quand il est arrivé du Cameroun à Lille, où son centre de formation l’avait envoyé.


Grâce aux conseils d’un parent d’Yves qui vit au Luxembourg les deux garçons ont signé au club de Mondercange. Ils avaient envie de voir autre chose que Clermont et de tenter leur chance à l’étranger. Leur but est de passer professionnels dans les années qui viennent pour continuer à vivre leur passion.



Ils se sont installé à Thionville parce que c’est moins cher de se loger ici qu’au Luxembourg et en débarquant en ville, ils ont été surpris de trouver les rues avec si peu de monde, c’était le mois de juillet. Maintenant ils trouvent que Clermont, ce n’était pas si mal même si on en a vite fait le tour. Leur emploi du temps est rythmé par les matchs des dimanches et les entrainements, tous les jours de 19 heures à 21 heures. Le matin est consacré au travail technique. Pour ça ils ont trouvé à deux pas de chez eux, le futsal du square Fénelon.


Un dimanche matin les enfants du quartier sont venus les voir et après les exercices ils ont fait le cercle et discuté avec eux avec la même flamme dans les yeux.


Il y a vingt sept joueurs dans l’équipe. Seize sont sélectionnés pour jouer chaque week-end dont un minimum de sept joueurs luxembourgeois. L’ambiance est bonne même si au sein de l’équipe on sent bien qu’il y a deux groupes : les joueurs français et les joueurs du pays.

Cyriaque et Yves sont tous deux d’origine camerounaise et peuvent comparer leur expérience : l’un est né là-bas l’autre, ici. Cyriaque connaissait la France par la télé et n’imaginait pas la nature, les vaches la province comme il l’a trouvé à son arrivée. Il pensait que tout ressemblait à Paris, grand immeubles et luxe et il a été un peu désappointé en arrivant. Yves n’a pas été au Cameroun depuis ses dix ans et lui aussi réalise que l’image de l’Afrique qu’on montre à la télé française est souvent celle de la brousse et des huttes alors que Cyriaque peut lui confirmer : l’Afrique s’est largement modernisée. La principale différence pour Cyriaque est l’éducation. Il a vu ici des choses qui ne peuvent exister en Afrique : des enfants de treize quatorze ans qui demandent des cigarettes à leur parents et qui les appellent par leur prénom : ça, ça ne peut exister chez lui. Au pire les enfants fument en cachette mais jamais ils n’iraient demander des cigarettes à leurs parents !

En Afrique la famille est un tout. Les oncles et tantes sont au même rang que les parents directs et se font appeler papa et maman de la même façon. Le respect est la règle et en contrepartie les enfants attendent tout de leurs parents. Ils sont couvés plus longtemps.



Et un garçon de seize ans ici est plus mûr qu’un garçon de seize ans en Afrique. En quittant son pays pour vivre en Europe, Cyriaque est arrivé à maturité plus vite et a développé sa confiance en lui. La vision de l’Europe lui a ouvert l’esprit et il réalise que si un gamin d’ici a plus d’opportunité qu’un petit africain, ici aussi on souffre. Mais quand il essaie de raconter ça à son cousin resté au pays, que tout n’est pas comme les champs Elysées, celui-ci ne veut pas le croire…

Yves a vécu dans le treizième arrondissement de Paris et sait bien que c’est l’éducation qu’il a reçu de sa mère qui l’a écarté de toutes les dérives du quartier. Il se souvient d’ailleurs que quand c’était nécessaire sa mère le menaçait de l’envoyer au Cameroun. C’est arrivé à d’autres et ils revenaient calmés.

Yves et Cyriaque se donnent un certain temps pour percer, ils ont chacun un agent intéressé à développer leur carrière. Rien ne les rendrait plus heureux que de se rencontrer comme adversaires, chacun dans une équipe professionnelle. Même s’ils envisagent aussi de poursuivre leurs études pour garantir leurs arrières, le foot reste l’aventure à mener jusqu’au bout car ils savent bien qu’ils ne jouent pas que pour eux mais aussi pour tous ceux, parents et amis qui croient en eux. Réussir serait la fierté de la famille et la démonstration que dans la vie à force de travail et de persévérance on atteint son but.


1 commentaire:

  1. On reconnais les champions vu la détermination et je peu vous garantir que ses deux personnes sont des champions, et pour cela je leur souhaite bonne continuité et plein de courage.

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