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mercredi 1 décembre 2010

Hattabia Naïmi et Fatima Karouj, le temps de partir




à gauche sur l'écran, Fatima Karouj, à droite, Hattabia Naïmi

Hattabia Naïmi et Fatima Karouj étaient voisines quand elles habitaient la barre de la chaussée d’Océanie qui sera bientôt démolie. Elles sont restées amies.

Fatima habite maintenant un F3 à la Milliaire et Hattabia rend les clés ce début décembre pour s’installer rue de la fauvette, dans un F3 également. C’est que les enfants sont partis maintenant et vivre en F5 revenait trop cher. Hattabia Naïmi vit avec son mari et leur fille Sabrina et Fatima Karouj vit avec son fils Khatim qui a vingt sept ans.


Hattabia n’aurait pas voulu s’éloigner de la Côte des roses car elle a reçu beaucoup de soutien du quartier quand son fils Kadour est mort d’une méningite foudroyante. La maison de quartier avait mis des locaux à sa disposition pendant deux jours pour accueillir voisins cousins et amis. C’est aussi pour cela qu’elle a accepté facilement l’idée de quitter la chaussée d’Océanie : trop de souvenir douloureux restaient attachés à cet appartement.

C’est madame Tonoli de Batigère, qui avait pris contact en premier et rempli les dossiers. Puis madame Berbache a pris le relai pour suivre le relogement. Elle est à l’écoute et Hattabia a obtenu le logement qu’elle désirait. Elle cherchait un rez-de-chaussée car elle souffre de polyarthrite et elle ne peut plus monter les étages comme avant quand elle vivait au quatrième. Aussi dès qu’elle a entendu parler de cet appartement qui se libérait rue de la fauvette, elle a appelé madame Berbache qui a fait le nécessaire.

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Madame Berbache le lui a fait visiter : il y a une grande cuisine où on peut manger et ça lui a plu tout de suite, la rue est très calme et il y a deux balcons.

Batigère lui a installé une douche à la place de la baignoire et dès que les travaux de rénovation ont été faits, Hattabia a commencé à déménager petit à petit. C’est qu’il y a beaucoup de meubles en trop dont il faut se défaire et c’est mieux de faire ainsi, chambre par chambre.

Fatima Karouj a habité rue Racine avant de s’installer chaussée d’Océanie. Elle a eu sept enfants, son mari est mort il y a treize ans et maintenant elle se trouve en difficulté. Son fils n’arrive pas à trouver du travail et si elle a pu emménager dans une petite maison neuve de trois pièces grâce au relogement de l’Anru, elle a du mal a joindre les deux bouts. Entre la dépense de gaz et d’électricité tous les deux mois et sa petite pension de veuve, elle n’y arrive plus.

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Heureusement, Fatima vient voir son amie aussi souvent qu’elle peut. Elles en ont passé du bon temps à la chaussée d’Océanie.

L’été, tout le monde était dehors jusqu’à onze heures du soir et de temps en temps, toutes les familles de la cage d’escalier partaient en piquenique à Volstroff pour la journée entière : les Francesconi, les Marx, les Falcone qui ont maintenant construit mais qui sont restés en contact …. Pour la fête des voisins ces dames installaient un barbecue au pied de l’immeuble et invitaient tout le monde à manger gracieusement couscous et brochettes.

Monsieur Moreni, qui travaillait pour Batigère était encore là et elles ont regretté son départ car il était vraiment à l’écoute, toujours prêt à donner un conseil ou à guider dans les factures.


Aujourd’hui les gens ont déménagé à droite à gauche, l’ambiance a changé chaussée d'Océanie, et souvent, dans une famille, les deux parents travaillent. On se voit moins. Avant les mères étaient à la maison, se rencontraient en allant chercher le courrier, papotaient en regardant les enfants jouer. Les abords de l’immeuble sont moins bien entretenus et les ordures qui trainent attirent des rats gros comme des chats. Il est temps de partir.



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